Avertissement: ceci n’est pas un reportage sur la grippe A (H1N1)Les vaccins, 1ère partie
L’arrivée quasi inopinée de la grippe A (H1N1) et la répartie mal planifiée des autorités politiques ont ravivé la guerre entre les défenseurs de la pratique de la vaccination et les quelques opposants féroces à toutes les formes de vaccin. Dans ses trois prochaines parutions de 2010 incluant celle-ci (décembre-janvier), Vie et Santé s’arrêtera aux bienfaits et aux inconvénients, s’il en est, de la vaccination. Nous oublierons exprès l’épisode de la grippe A (H1N1) dans ce premier dossier. Nous pourrons faire le point sur cette pandémie dans le prochain numéro, après quelque trois mois de vaccination.
Nous laisserons la parole aux opposants à la vaccination, qui auront soit affûté leurs armes, soit baissé les bras. Nos prochains dossiers porteront en outre sur les vaccins de voyage et sur la vaccination chez l’enfant.
Le vaccin est sans conteste une victoire, sinon le plus grand triomphe de la médecine moderne. Qu’on pense seulement qu’avant l’émergence du vaccin, la population mondiale est restée stable du dixième au vingtième siècle, l’espérance de vie étant particulièrement anémique. Certes l’amélioration des conditions de salubrité et l’arrivée des antibiotiques ont contribué à l’explosion en santé de la population mondiale. Mais le vaccin occupe vraisemblablement la première marche du podium de la santé. À l'échelle mondiale, les vaccins se sont avérés un outil des plus efficaces pour contrôler et éradiquer des maladies infectieuses dévastatrices comme la polio, la diphtérie, la coqueluche, le tétanos, la poliomyélite et l’Haemophilus influenzae de type b. Qu’est-ce qu’un vaccin ? Mais qu’est-ce qu’un vaccin ? Un vaccin consiste en un virus atténué introduit dans le système immunitaire de l’organisme. La présence de ce virus suffit à inciter le système immunitaire à produire des lymphocytes T* et des anticorps qui détruisent les envahisseurs. Qui plus est, précisent par exemple les Instituts de recherche en santé du Canada, cette réponse immunitaire aide les cellules dans le système immunitaire à se souvenir du virus, afin d’en détruire une version plus puissante éventuellement. « On pourrait voir la vaccination comme un exercice d’incendie : nous nous exerçons à prendre les mesures nécessaires en cas d’incendie afin de savoir quoi faire pour échapper au feu s’il survient. » Dangereux, le vaccin ? Les vaccins, comme tous les médicaments, doivent franchir diverses étapes avant d’être approuvés. Il faut démontrer leur caractère sécuritaire et leur efficacité dans la prévention des maladies qu’ils ciblent. Mais quels sont les risques de la vaccination ? Les vaccins sont sécuritaires. Ils peuvent provoquer, à l’occasion, des réactions bénignes et passagères, comme une fièvre légère, ou un certain inconfort à l’endroit – cuisse ou bras – où le vaccin a été reçu. Les autres effets secondaires sont très rares. La possibilité de devenir malade à cause de la maladie est beaucoup plus élevée que le très faible risque de réagir à un vaccin. Nous aborderons ce sujet dans un deuxième dossier publié dans l’édition de février-mars de Vie et Santé. Le vaccin a ses stars Certains vaccins, parce qu’ils préviennent l’apparition de maux physiques impressionnants et répandus ou de pathologies ignorées par la prévention, s’imposent comme de véritables percées médicales. C’est le cas de Gardasil, vainqueur 2008 du grand prix Galien produit Innovateur dans plusieurs pays, dont le Canada. Gardasil est le nom commercial d’un vaccin recombinant quadrivalent mis au point par Merck Frosst contre les souches 6, 11, 16 et 18 du papillomavirus humain (HPV) pour prévenir la genèse du cancer du col de l’utérus et des verrues génitales. Il existe deux grandes classes de papillomavirus humain. La première comprend les virus responsables d’une forte incidence de cancer, alors que dans la seconde se retrouvent les virus qui provoquent peu de cancers mais surtout les verrues génitales. Les cibles du vaccin Gardasil incluent les deux souches les plus oncogènes, les HPV 16 et 18, ainsi que les deux souches les plus responsables de la genèse des verrues génitales, les HPV 6 et 11. L’infection par le papillomavirus humain est très courante, puisque 75 % de toutes les Canadiennes sexuellement actives en seront atteintes au moins une fois dans leur vie, surtout entre l’âge de 20 et 24 ans. Dans le monde entier, on estime que le cancer du col de l’utérus est responsable de plus de 90 % des morts reliées à une infection par le papillomavirus humain. Ce cancer tue environ 400 Canadiennes par année. Plusieurs études cliniques ont démontré que le Gardasil fournit une excellente protection contre les souches du papillomavirus humain incluses dans le vaccin. Les souches 16 et 18 du papillomavirus, comprises dans le vaccin, sont responsables de 70 % des cancers du col de l’utérus. De même, les souches 6 et 11 du papillomavirus, incluses dans le vaccin, sont responsables de plus de 90 % des verrues génitales. De plus, les études cliniques ont démontré que le vaccin était très sûr. À compter de 9 ans ? Gardasil est proposé aux jeunes filles à compter de 9 ans. Pourquoi à un si jeune âge ? Parce que Gardasil est un vaccin prophylactique, dont la fonction, par définition, est de prémunir l’individu contre une infection. Le Gardasil n’est pas un vaccin thérapeutique, précise James Mansi, directeur régional des affaires médicales et scientifiques de Merck Frosst Canada. Le but de la vaccination à l’aide de Gardasil est de prémunir les jeunes femmes contre certaines souches du papillomavirus humain, avant même qu’elles ne soient actives sexuellement et donc exposées au virus. Par ailleurs, ajoute le Dr Mansi, la réponse immunitaire est de beaucoup supérieure chez les jeunes filles de 9 à 15 ans, par exemple, que chez les jeunes femmes de 16 à 26 ans. Et qu’en est-il des femmes âgées de plus de 26 ans ? Des jeunes hommes ? Le vaccin protège-t-il à vie ? Le Dr Mansi répondra à ces questions et bien d’autres dans une entrevue accordée à Vie et Santé, qui sera publiée dans le prochain numéro. Le premier vaccin contre le zona Un autre vaccin, tout juste homologué au Canada, vient de joindre les rangs des percées médicales. Le Zostavax est le seul produit approuvé pour prévenir le zona. La compagnie Merck Frosst est aussi responsable de cet autre breakthrough médical. Qu’est-ce que le zona ? Le zona est une maladie virale due à une réactivation du virus varicelle-zona ou VZV, pour Varicella Zoster Virus, appartenant à la famille des herpès virus, qui est le virus responsable de la varicelle. Le zona est donc causé par le virus responsable de la varicelle. Une fois que vous avez eu la varicelle, le virus demeure dans votre organisme et il peut rester inactif pendant des années. S'il redevient actif, il peut causer le zona. On sait que le risque de zona augmente avec l'âge. Cependant, il n'existe aucun moyen de prédire quand le virus redeviendra actif. Le zona est une maladie douloureuse qui se manifeste par une éruption cutanée vésiculeuse touchant habituellement un seul côté du corps ou du visage. La douleur peut être atroce et même invalidante. L'éruption cutanée peut durer pendant plusieurs semaines, et le zona peut entraîner des complications graves telles qu'une infection cutanée, la formation de cicatrices et une douleur névralgique persistante. Environ 95 % des Canadiens ont déjà eu la varicelle et sont, par conséquent, à risque de développer un zona. Le risque s'accroît avec l'âge, surtout au-delà de 50 ans. Quelles sont les complications du zona? Le zona peut causer des complications potentiellement invalidantes. L'éruption cutanée est associée à une douleur qui a été décrite comme une douleur pulsatile, à type de brûlure, en coup de poignard ou sous forme d'élancements. Parmi les complications possiblement graves, on note une infection bactérienne de la peau, la formation de cicatrices, la diminution ou la perte de l'audition ou de la vision et une paralysie musculaire. Il est possible que certaines personnes soient hospitalisées et, dans de rares cas, le zona peut également s'avérer mortel. Comment se protéger? Jusqu'à récemment, il n'existait aucun vaccin pour prévenir le zona. Il en est maintenant un, le Zostavax, dont nous traiterons des effets dans un dossier subséquent. D’autres vaccins qu’il est possible de considérer comme des percées sont venus récemment garnir le répertoire des vaccins prophylactiques. Nous en présenterons quelques-uns, en même temps que nous traiterons des oppositions à la vaccination. Décembre 2009 – Janvier 2010 par Jacques Lafontaine * Type de globule blanc qui fabrique des substances en vue de combattre les germes, les tissus étrangers ou les cellules cancéreuses. ** Remis chaque année, le prix Galien Canada Produit Innovateur souligne la contribution d’un nouveau produit à la qualité de vie des Canadiens par son efficacité, son innocuité et son caractère novateur. Le jury du prix Galien Canada est formé de scientifiques de partout au Canada. Il est totalement indépendant. |



L’arrivée quasi inopinée de la grippe A (H1N1) et la répartie mal planifiée des autorités politiques ont ravivé la guerre entre les défenseurs de la pratique de la vaccination et les quelques opposants féroces à toutes les formes de vaccin. Dans ses trois prochaines parutions de 2010 incluant celle-ci (décembre-janvier), Vie et Santé s’arrêtera aux bienfaits et aux inconvénients, s’il en est, de la vaccination. Nous oublierons exprès l’épisode de la grippe A (H1N1) dans ce premier dossier. Nous pourrons faire le point sur cette pandémie dans le prochain numéro, après quelque trois mois de vaccination.
Nous laisserons la parole aux opposants à la vaccination, qui auront soit affûté leurs armes, soit baissé les bras. Nos prochains dossiers porteront en outre sur les vaccins de voyage et sur la vaccination chez l’enfant.