Syndrome de perfection

ou peur de l'échec?

«Sois belle et tais-toi…» «Gagne ce match et je serai fier de toi!» L’exigence n’est pas juste au travail, mais dans toutes les sphères de notre vie et sous tous ses aspects. Il faut être beau, fort, intelligent, bref… parfait! pour mieux réussir.

Les petits défauts charmants ne font plus partie de l’être humain – tout doit être droit, tout doit être «comme il le faut».

D’où cela vient-il ?
Déjà, tout petit, l’enfant apprend à côtoyer la perfection, soit par les jouets «tout faits et parfaits » – la poupée Barbie avec son corps «parfait» ou un Ken avec les muscles «à la bonne place». On ne fait plus les choses, on les achète… la créativité n’a plus sa place! pour mieux réussir.

Devenu adulte, l’humain rencontre d’autres obstacles à la perfection ; la chirurgie plastique est là – pour l’esthétisme afin de se conformer à des normes sociales plutôt que de santé, être irréprochable et répondre aux standards de la «super woman», etc.

Le syndrome de la perfection est-il nouveau?
Oui, car autrefois, il était réservé à un «dieu». Lui seul est parfait selon la majorité des religions. Par contre, depuis quelques générations, c’est la maîtrise de la nature – par la science et la technologie – qui a donné à l’humain l’idée qu’il pouvait atteindre la perfection. L’obsession du «zéro défaut» pour le corps par la chirurgie esthétique, pour la santé grâce à la médecine, pour le travail grâce aux «normes qualités»… et on rêve d’enfants parfaits, sans défauts, grâce au génie génétique.

Dans tous les domaines, il faut être le meilleur; mais c’est le culte de la performance qui génère l’anxiété, le stress et l’angoisse.

Conquérir sa peur versus ses rêves et objectifs
La peur d’échouer est probablement le facteur numéro un qui empêche les gens d’atteindre leurs objectifs et leurs rêves. Il faut tout d’abord comprendre que les peurs sont normales – après tout, il est rare de voir qu’une personne réussisse du jour au lendemain!

La première étape pour conquérir sa peur est de prendre du recul et de bien saisir l'idée qu’échec ne signifie pas fin du monde! La clé est de tirer profit de toutes ses expériences et de traiter chaque échec comme une occasion d’apprendre plutôt que de s’en servir comme une raison d’abandonner.

Suis-je capable?
Le doute est sain en soi ! Il permet de réfléchir, de pondérer et de freiner l’information; de cette manière, la personne conserve une maîtrise sur ce qui l’influence, sur ses valeurs et sur ses choix qui en découlent pour ensuite renforcer sa confiance en elle-même et en son jugement.

Il faut déployer des efforts et parfois aller à l’encontre des habitudes, utiliser son jugement et sa propre perception des choses.

Se donner le droit à l’erreur
Il est important de se donner le droit à l’erreur – c’est ce qui amène l’expérience de vie! Oser le risque, c’est mettre en mouvement un désir profond de changement qui mène souvent à la liberté ! Il est important de se rappeler que la personne qui ne risque rien, ne fait rien, n’a rien et n’est rien…

Allez, osez!
Vous m’en donnerez des nouvelles!


Septembre – Octobre 2009
par Marie Montpetit – Psychothérapeute et intervenante psychosociale










Mots clés pour cet article
syndrome de perfection, obsession du zéro défaut, culte de la performance, peur d'échouer, renforcer sa confiance en soi, se donner le droit à l'erreur, oser le risque