Migraine: arrêter de se prendre la têteUn mal de tête qui n'a rien de commun
Les vrais migraineux vous le diront: cela fait mal à se taper la tête sur les murs. Mieux vaut éviter cette réaction relativement malsaine, évidemment. Mais quoi faire, sinon attendre la fin de la crise? Beaucoup. Malgré l’insistance de la migraine, son hypocrisie et sa tyrannie.
La migraine est en effet une céphalée qui n’a rien de commun. Ses remèdes ou les façons de la soulager n’ont rien, non plus, de complètement banal. Et ils doivent s’accompagner chez le migraineux d’une compréhension de son propre mal. Ma migraine n’est pas celle de la voisine. Ça fait mal L’annonce d’une migraine – parce que ce mal s’annonce – peut surprendre par sa bizarrerie. En période de «prédouleur», les migraineux rapporteront à l’occasion des effets visuels sous forme d’éclairs, d’affaiblissement ou de perte de vue temporaire. Ces avertissements ne sont pas universels. La plupart des migraines s’installent par la douleur, une douleur rapide, effroyable, qui peut être pulsatile, c’est-à-dire qu’elle donne l’impression de battre au rythme du cœur. Cette douleur habite normalement un seul côté du crâne et peut être accompagnée de nausées et de vomissements. Elle est accentuée par le bruit et la lumière, ce qui explique la propension normale des migraineux à subir leur mal dans le noir et le silence. Les crises de douleur peuvent durer de quatre à plus de 70 heures et survenir quelques fois par année ou plusieurs fois par mois, suivant les individus. Et particulièrement dans des conditions de stress ou de manque de sommeil. Les allergies alimentaires pourraient aussi déclencher des crises de migraine. D’où l’intérêt de consulter un spécialiste de la nutrition qui pourra, du même coup, identifier avec vous les aliments à éviter par un migraineux et les autres à privilégier parce qu’ils aident à endormir le mal, s’il en est vraiment. Pas de champagne Certains aliments peuvent provoquer ou en tout cas empirer les crises. Le vin blanc et le champagne n’aiment pas les migraineux. Le chocolat non plus. Et les plats riches sont à éviter. Autant que les fromages vieillis, les aliments fermentés et l’aspartame, entre autres. Certains, comme le Dr Michel Dib, neurologue français auteur du livre Apprivoiser la migraine, laisseront entendre que le café, par son effet analgésique, peut «traiter la migraine comme le ferait un antalgique, le paracétamol (l’acétaminophène), par exemple, ou un médicament anti-inflammatoire». Le café apparaît pourtant sur la plupart des listes d’aliments à proscrire. Intéressante conversation à prévoir avec votre nutritionniste à défaut de s’asseoir avec le Dr Dib. Une pilule, une granule Dans les cas graves et répétés, les médecins prescriront des médicaments prophylactiques administrés afin de prévenir les attaques de migraine: les bêtabloquants, les antidépresseurs tricycliques, les inhibiteurs calciques, la riboflavine (vitamine B2). Des médicaments abortifs seront utilisés pour réduire la douleur en cas d’attaque. Ce sont les analgésiques, acétaminophène et ibuprofène (Advil, Motrin), les anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme le naproxène, et évidemment les triptans, les médicaments les plus récents contre la migraine. Des herbes médicinales comme la matricaire ou les feuilles de grande camomille seront employées, parfois avec bonheur. Les migraineux auront recours, certaines fois avec succès, à la thérapie de relaxation. Et des chercheurs se penchent sur les possibles effets préventifs du Botox qui provoquerait un relâchement bénéfique des muscles de la tête et du cou. Massothérapie et traitements d’acupuncture peuvent aider, on s’en doute bien. Pas de miracle, mais… En somme, aucune recette miracle, mais nombre de recours qui deviendront efficaces en autant que le migraineux connaisse les déclencheurs, alimentaires ou environnementaux, de «sa» migraine et puisse y adapter les traitements appropriés. Et il n’est pas évident de sauter de joie devant ce constat ou cette observation, mais la ménopause sonnerait souvent le glas de la migraine. Il y a moyen de ne pas attendre 50 ans. Apprendre à connaître son mal et en partager les particularités avec son ou ses professionnels de la santé peut grandement aider. Nous y reviendrons en compagnie d’experts. Septembre – Octobre 2009 par Jacques Lafontaine Source: Migraine Association of Canada Apprivoiser la migraine, Dr Michel Dib (e-sante.be) |



Les vrais migraineux vous le diront: cela fait mal à se taper la tête sur les murs. Mieux vaut éviter cette réaction relativement malsaine, évidemment. Mais quoi faire, sinon attendre la fin de la crise? Beaucoup. Malgré l’insistance de la migraine, son hypocrisie et sa tyrannie.