Gymnastique sur tableLa table est mise… en forme!
Mettons-nous à table. Vous voulez goûter les vertus de la musculation parce que la sédentarité, vous en avez plein le dos, lequel souffre à chacun de vos déplacements. Sur le dos ou sur le ventre, jambes et bras soulevés, assis ou couché sans toucher le sol, vos articulations s'extirperont de leur torpeur. Pour vous offrir ces efforts qui soulageront, prenez place à table.
Ce n'est pas en lévitation que vous exercerez ainsi votre corps mais bien en gymnastique sur table. Les quelque 800 mouvements qui la caractérisent sont effectués sur cette table ressemblant à un lit de camp muni d'un mince coussin, d'une hauteur de trois pieds. Que l'on soit assis ou couché, c'est la surcharge de son propre poids qui impose l'effort physique, explique Thérèse Cadrin-Petit. Ex-danseuse des Grands Ballets canadiens, du Ballet national du Canada et de la Comédie-Française à Paris, elle a fondé et dirige le centre Gymnastique sur table TCP à Montréal. «L'accrochage, qui est la façon de se tenir sur la table, positionne le dos de façon correcte et développe la qualité de la posture. Si vous êtes par exemple accroché sur le dos et que votre bassin est hors table (dans le vide), vous faites travailler les muscles du tronc, poursuit-elle en précisant que l'on peut ainsi renforcir les 232 muscles de son corps... Pourquoi «s'attabler» ainsi alors qu'il y a le bon vieux coussin sur le «plancher des vaches» ou encore les exerciseurs? Alors que ce type d'entraînement permet de développer les muscles responsables des mouvements de plus grande amplitude du quotidien, les accrochages sur table déplacent le centre de gravité du corps. Le poids de celui-ci recrute davantage les fibres musculaires profondes. Ces muscles sont responsables de l'équilibre et de la posture. Le lutteur fait la planche Un nombre substantiel de musiciens, de chefs d'orchestre, d'acteurs et d'athlètes s'offrent des séances régulières de gym sur table. Celle-ci soulage également les personnes aux prises avec des maux de dos chroniques. «La personne n'anticipe pas la douleur parce qu'elle ne connaît pas l'ampleur des mouvements qu'elle fait», explique Mme Cadrin-Petit. Les adeptes peuvent certes reproduire à la maison, sur une chaise, les mouvements appris après quelques séances en salle mais aux dires de Mme Cardin-Petit, il vaut mieux poursuivre l'entraînement en centre. «Les exercices sont très progressifs et il faut avoir accès à des professionnels pour les corrections et les conseils.» La gym sur table seule ne suffit toutefois pas à un entraînement cardiovasculaire optimal. C'est un kinésithérapeute et champion de lutte gréco-romaine blessé lors de la Première Guerre mondiale qui a inventé la méthode des accrochages, en constatant que l'entraînement traditionnel des poids et haltères ne convenait pas à sa rééducation musculaire. Ferdinand Penchenat a conçu la première table en 1920. «En France, la méthode n'est pas devenue populaire. Le Conservatoire de Paris l'a employée au milieu des années 70», relate Mme Cadrin-Petit. Quelques années plus tard, elle se rendait à Paris et importait au Québec la méthode Penchenat, avec sa complice Mindy Levin, physiothérapeute. Aujourd'hui, Gymnastique sur table TCP compte 14 centres au Québec et un autre à Calgary. Ses 42 enseignants, qui doivent s'astreindre à 400 heures de théorie et atteindre un niveau d'exécution pratique élevé pour pouvoir superviser la clientèle, ont obtenu leurs lettres de noblesse des professionnels de la santé, souligne la directrice de TCP. http://www.gymnastiquesurtable.com Mars – Avril – Mai 2009 par Josée Descôteaux |



Mettons-nous à table. Vous voulez goûter les vertus de la musculation parce que la sédentarité, vous en avez plein le dos, lequel souffre à chacun de vos déplacements. Sur le dos ou sur le ventre, jambes et bras soulevés, assis ou couché sans toucher le sol, vos articulations s'extirperont de leur torpeur. Pour vous offrir ces efforts qui soulageront, prenez place à table.