L'infarctus a deux sexes

Mesdames, faites attention aux symptômes

Un infarctus correspond à la destruction d'une partie plus ou moins importante du muscle cardiaque (myocarde) conséquemment à l'obstruction par un caillot d'une artère coronaire permettant habituellement l'irrigation du myocarde. Il s'agit en fait de la mort d'une zone plus ou moins étendue du muscle cardiaque. Les cellules musculaires cardiaques de cette région n'arrivent plus à se contracter par manque d’oxygène et meurent. Cette affection est appelée ischémie ou nécrose ischémique. Plus la zone atteinte est importante, plus l'infarctus est grave.

Les causes de l'infarctus du myocarde sont multiples. Elles varient de l'existence de dépôts de cholestérol, au spasme prolongé d'une coronaire, à l'hypertension artérielle, la sédentarité, le tabagisme, l'hypercholestérolémie, le diabète, l'embonpoint, le grand âge, le stress ou le surmenage, par exemple.

Malheureusement, les symptômes de l'infarctus ne sont pas toujours caractéristiques. Des douleurs s'apparentant à la présence d'une barre dans la poitrine d'une intensité et d'une durée variables qui, parfois, se propagent dans les bras et la mâchoire sont des signes presque évidents, surtout lorsque accompagnés d'une difficulté à respirer, de nausées, de sueurs froides et de vomissements. Mais ces symptômes s'appliquent surtout à l'homme, chez qui ils apparaîtront en plus ou moins grand nombre et avec plus ou moins d'intensité huit fois sur dix en cas d'infarctus.

Étrangement, et trop souvent tragiquement, les symptômes d'un infarctus diffèrent chez la femme. Les signes et indices classiques, connus et publicisés de l'infarctus, ne se présenteront que deux fois sur dix en cas d'atteinte chez la femme. De sorte que cette affection est souvent, encore de nos jours, prise pour une crise d'angoisse ou d'hypocondrie.

Pire, en crise ischémique, la femme rapportera des symptômes comme une douleur au haut du dos, des brûlures d'estomac, des vomissements ou une sensation d'essoufflement, indices d'inconfort semblables à ceux ressentis durant la ménopause.

Et pourtant, la maladie cardiaque est un tueur redoutable chez la femme. Quelque 40 000 Canadiennes mourront d'une affection cardiaque cette année, d’où l'importance de ne négliger aucune douleur insistante dans la poitrine ou le dos et aucun signe d'indisposition gastrique inexpliquée.

Que vous possédiez un tensiomètre (appareil servant à mesurer la tension artérielle) et que vous l'utilisiez en cas d'alerte ne confirmera pas nécessairement la présence d'un infarctus, la tension artérielle étant le plus souvent normale ou même abaissée en cas de crise ischémique. Pour compliquer les choses, certaines personnes, hommes ou femmes, souffriront d'un infarctus du myocarde sans symptômes autres qu'une douleur isolée au bras ou une sensation plus ou moins appuyée de pesanteur dans la poitrine. Elles vivent un épisode d'ischémie silencieuse. L'élimination la plus complète possible des facteurs de risque demeure le meilleur antidote à l'infarctus: cessation tabagique, correction de l'obésité, traitement de l'hypertension artérielle, contrôle du diabète et du taux de cholestérol, lutte contre le stress et la sédentarité.

Il reste que les facteurs génétiques, qui échappent jusqu'à maintenant à tout contrôle spécifique, entrent en ligne de compte. D’où l'importance pour l'individu conscient de porter un bagage génétique lourd de respecter une hygiène de vie constante; cela s'appelle avoir sa santé à cœur. Et d'être conscient des symptômes, puisque tout retard dans la prise en charge médicale peut avoir des conséquences tragiques.

Mars – Avril – Mai 2009
par Jacques Lafontaine










Mots clés pour cet article
infarctus, ischémie, infarctus du myocarde, symptômes de l'infarctus chez l'homme, symptômes de l'infarctus chez la femme, douleur insistante dans la poitrine, difficulté à respirer