Entendre n’est pas suffisant,Il faut savoir écouter
Alors âgée de 8 ans, Linda, ma fille aînée, s’exclama un jour en rentrant de l’école: «Maman, dans ma classe, toutes mes camarades font de la danse.» Ayant moi-même pratiqué cette discipline, je fus heureuse qu’elle en parle mais je me contentai de lui répondre que cela me semblait improbable et que certaines devaient peut-être faire de la musique ou du sport… sans me rendre compte que dans cette phrase anodine pouvaient se cacher plusieurs non-dits: «Je voudrais faire de la danse», «Je voudrais être comme les autres (je suis différente des autres)», «Je n’ose pas te demander d'engager cette dépense», «J’aimerais que tu m’encourages».
Je l’avais bien entendu, mais l’avais-je écoutée? La base de toute relation humaine Écouter et ne pas se contenter d’entendre reste le fondement de toute relation humaine. Que ce soit en famille, entre amis ou au sein d’une entreprise, l’écoute reste la base de toute communication, une preuve d’estime, de respect, voire d’amour. Écouter, c’est aussi offrir de son temps à autrui pour comprendre ce qu’il ressent, accepter d’entendre un point de vue différent du sien mais également observer les non-dits et interpréter silences et gestuelle. L’écoute n’est pas une attitude naturelle. Elle demande de faire un effort d’intérêt, de concentration et d’attention en restant avant tout une preuve d’estime pour l’autre, avec l’envie de lui accorder du temps et de lui venir en aide en évitant le silence passif. L’impact psychologique de l’écoute Son impact psychologique est très fort en créant un climat de respect et de confiance entre deux personnes. Lorsque quelqu’un se confie à vous, l’objectif n’est pas de le questionner, d’en savoir plus ou d’obtenir des informations mais tout simplement de lui prêter une oreille attentive de façon à l’aider à verbaliser son ressenti et peut-être lui permettre de trouver lui-même sa solution. Cette approche centrée sur la personne et développée par le psychologue Carl Rogers reste largement utilisée par les spécialistes de la psychologie, de la psychanalyse ou des sciences humaines. Certains parlent aussi d’empathie, qui consiste à se mettre à la place de l’autre pour mieux comprendre ses ressentis, lui prouver que l’on comprend ses dires et qu’il peut nous accorder toute sa confiance. «La chose la plus importante en communication, c'est d'entendre ce qui n'est pas dit.» Peter Drucker 1er Conseil Observer Toutes les attitudes ont un sens direct. La colère, la peur, l’angoisse, l’étonnement, la honte… se traduisent non seulement par des mots, mais le plus souvent au-delà des mots, par le ton, par des mimiques ou par des postures observables. Soyez attentif à ces signes comme vous resterez à l’écoute des silences et des non-dits. 2e Conseil Savoir se taire «Je sais ce que tu ressens»; «Ça m’est aussi arrivé»… En croyant créer un échange bienveillant et réconforter l’autre, cela aura tendance à aggraver les choses. Car vous vous emparez des propos de l’autre de façon à parler de vous. Comme si le malheur de votre interlocuteur vous permettait de vous libérer, vous… 3e Conseil Mettre ses soucis personnels en suspens Pas facile et pourtant indispensable, pour écouter, il faut donner du temps à l’autre afin de l’accompagner à son rythme et en respectant sa discrétion. Vos pensées, vos ressentis et vos problèmes devront être mis de côté le temps que l’autre se confie et demande toute votre attention, rien que pour lui. 4e Conseil Ne pas juger «Tu ne devrais plus y penser»; «Tu perds ton temps»… Des déclarations qui pourraient faire croire à votre interlocuteur que vous ne l’approuvez pas. Vous devez opter pour une position neutre. En verbalisant, la personne apprend à poser des mots sur ses problèmes, à mieux les supporter et pourquoi pas, s’en débarrasser. Janvier – Février – Mars 2009 par Danièle Henkel, présidente de l’entreprise Danièle Henkel inc. |



Alors âgée de 8 ans, Linda, ma fille aînée, s’exclama un jour en rentrant de l’école: «Maman, dans ma classe, toutes mes camarades font de la danse.» Ayant moi-même pratiqué cette discipline, je fus heureuse qu’elle en parle mais je me contentai de lui répondre que cela me semblait improbable et que certaines devaient peut-être faire de la musique ou du sport… sans me rendre compte que dans cette phrase anodine pouvaient se cacher plusieurs non-dits: «Je voudrais faire de la danse», «Je voudrais être comme les autres (je suis différente des autres)», «Je n’ose pas te demander d'engager cette dépense», «J’aimerais que tu m’encourages».