Rencontre avec une romancière hyperactive

Claudine Douville

Commentatrice sur le Réseau des Sports, aventurière, romancière et maman de trois garçons, Claudine Douville est définitivement une femme d’action. Son travail lui fournit une bonne dose d’adrénaline et de voyage puisqu’elle peut tout aussi bien couvrir les Olympiques et les grands événements mondiaux de soccer que gravir les plus hautes montagnes du monde et traverser le désert du Sahara. La jeune femme globe-trotter voyage également dans son esprit puisqu’elle s’est mise à l’écriture de romans d’aventure, dont le tout premier, La Louve des mers.

Des montagnes au désert
Adolescente, Claudine Douville pratiquait plusieurs sports traditionnels. Curieusement, c’est en couvrant un tournoi hockey pee-wee pour le réseau RDS qu’elle a eu la piqûre pour le sport extrême. «Une panoplie d’activités étaient organisées pour les jeunes sportifs dont l’escalade de glace. J’ai essayé dans le cadre d’un reportage et j’ai adoré!» Son désir de relever des défis l’a amenée à se rendre au camp de base du mont Everest en 2000. «J’ai effectué un reportage sur un groupe qui se préparait à escalader cette montagne. Ils m’ont invitée à me joindre à eux, pour que je couvre leur expédition. À treize jours d’avis, mon employeur m’apprenait que je serais du voyage!» Dans des conditions d’ascension aussi extrêmes, Claudine a sans cesse repoussé ses limites.

«Avec l’Everest, j’ai appris à me dépasser. Même si j’étais physiquement exténuée, je trouvais miraculeusement l’énergie pour marcher deux heures de plus. Cette leçon me sert inévitablement dans mon quotidien.»

De la montagne, Claudine passe au désert en 2001 où elle prend part au rallye Aïcha des Gazelles qui se déroule au beau milieu du Sahara. «Je tournais des reportages et j’écrivais des chroniques pour RDS, tout en participant à la course. Malgré tout, mon équipière et moi sommes arrivées sixièmes. Conscientes de notre potentiel, nous avons participé l’année suivante. Un autre journaliste couvrait l’événement. J’ai pu me concentrer à 100% sur la course et mon équipe s’est classée première!»

Après avoir pris part à quatre rallyes Aïcha des Gazelles, l’intrépide Claudine participe deux fois au raid Amazones, au Kenya et à l’île Maurice. En 2005, les conjointes des joueurs des Canadiens de Montréal l’invitent à joindre leur groupe dans l’ascension du Kilimandjaro. «J’ai développé instantanément avec chacune d’elles une profonde complicité. D’ailleurs, la plupart des femmes avec qui j’ai gravi le «Kili» étaient présentes au lancement de mon roman. Malgré les deux années qui s’étaient écoulées, j’avais l’impression que nous nous étions vues la veille.»

Du soccer aux Olympiques
Claudine travaille au Réseau des Sports depuis sa création en 1989. Celle qui a commenté toutes formes d’activités physiques voue un amour inconditionnel au soccer. Les Jeux olympiques prennent aussi une place importante dans son cœur. «On entend souvent dire que les athlètes vivent un blues après les Jeux olympiques. C’est aussi vrai pour les reporters! Couvrir les Jeux, c’est une aventure tellement stimulante, tellement exaltante!

Après avoir travaillé sous adrénaline jusqu’à 18 heures par jour pendant deux semaines, ce n’est pas facile de reprendre son petit train-train quotidien.» Que ce soit en tant que commentatrice, journaliste ou participante, Claudine Douville retient des leçons de toutes ses aventures. « J’ai appris à me faire confiance, à suivre mon instinct. Pendant le rallye Aïcha des Gazelles, je me suis retrouvée avec ma coéquipière devant un embranchement. Pendant une heure, nous sommes restées là, à évaluer la situation. Les équipes croisées sur le chemin prenaient toujours la droite mais nous étions convaincues qu’il fallait passer à gauche.

Sur un coup de tête, nous avons décidé d’aller à contre-courant, de suivre notre instinct. Nous sommes arrivées premières au bivouac ce soir-là et avons finalement remporté la course », se remémore fièrement Claudine. Se faire confiance, c’est exactement ce que la jeune femme a fait lorsqu’elle est allée présenter son premier manuscrit à un éditeur. La Louve des mers est un roman d’aventure mettant en scène corsaires, pirates et gitans. «Il y a plusieurs années, j’ai entrepris ce roman afin de "voyager dans mon esprit" durant mes temps libres à la maison. Je suis très visuelle et dès l’instant où je m’installais derrière mon ordinateur, je me trouvais sur le pont du bateau avec mon héroïne Marie Galligan. Je pouvais presque sentir une brise effleurer ma joue», confie la femme d’action qui se prépare à effectuer le trajet Montréal-Québec en kayak de mer. «Ce n’est pas pour l’émission Plein air sans limites que j’anime sur les ondes de RDS mais seulement pour mon simple plaisir, pour relever un défi personnel.» Parions que cette traversée inspirera Claudine qui vient tout juste d’attaquer l’écriture d’un nouveau roman d’aventure.

Janvier – Février – Mars 2009
par Nathalie Slight










Mots clés pour cet article
escalade de glace, Kilimandjaro, repousser les limites, trouver miraculeusement l'énergie, raid Amazones, rallye Aïcha des Gazelles