Cancer de la prostate

Utile, le dépistage?

Le cancer de la prostate est le type de cancer le plus répandu et la troisième cause de décès chez l’homme canadien. Il survient généralement après 50 ans. Le cancer de la prostate peut limiter son action à la prostate seule et avoir peu d’effet sur la durée et la qualité de la vie. Il devient une maladie très grave et potentiellement mortelle lorsqu’il envahit d’autres parties du corps. Quels sont les moyens de dépistage du cancer de la prostate? Quels en sont les avantages et les inconvénients?

Comme tout cancer, celui de la prostate se caractérise par un développement anarchique de cellules anormales qui forment une masse, ou tumeur, dans cette glande de l'appareil reproducteur masculin. La prostate sert à sécréter une partie du liquide qui, combiné aux spermatozoïdes produits par les testicules, forme le sperme. La prostate a la taille d'une grosse noix. Elle se situe près du rectum, sous la vessie et à la base du pénis.

Le dépistage du cancer de la prostate se fait par toucher rectal ou par le dosage sanguin de l'APS, soit l'antigène prostatique spécifique, sécrété par la prostate et dont le taux peut révéler un cancer. Le toucher rectal permet d'apprécier le volume de la prostate et sa consistance. C'est le moyen de diagnostic le plus utilisé. L'APS se fait par une simple prise de sang. Mais ni l'un ni l'autre n'offrent toutes les garanties de précision.

Le taux de détection du cancer par le toucher rectal ne dépasse pas 50%. Il peut laisser échapper nombre de cancers.

D’autre part, un taux élevé d’APS révélé par une prise de sang peut indiquer plusieurs types de troubles de la prostate: une hypertrophie bénigne de la prostate ou une infection urinaire, par exemple, qui n’ont rien à voir avec un cancer.

En somme, le test de l’APS, s’ils peut détecter un cancer au stade précoce, peut aussi ignorer un cancer existant ou actionner sans raison la sonnette d’alarme, d’où des tests supplémentaires aussi inquiétants qu’inutiles et l’installation d’un climat d’anxiété.

Ce qui explique que bien des professionnels de la santé en contestent les bienfaits. Par exemple, un collectif de médecins généralistes français vient de réclamer l’arrêt des campagnes de promotion du dépistage du cancer de la prostate. Sous le titre Touche pas à ma prostate (atoute.org), il précise que «la moitié des hommes de 60 ans et 100% des hommes de 90 ans ont des cellules cancéreuses dans leur prostate, et que c’est un phénomène normal (…).»

La tendance canadienne est de suggérer un test de dépistage après l'âge de 50 ans. Avant pour les groupes à risque élevé, qu'ils soient, par exemple, d'ascendance africaine ou liés à des antécédents familiaux de cancer de la prostate.

La Société canadienne du cancer remarque que la plupart des études indiquent que l’APS est d’abord efficace comme outil diagnostique pour les hommes qui présentent un risque supérieur à la moyenne de développer un cancer de la prostate ou qui manifestent certains symptômes. Les symptômes consistent surtout en une fréquence anormale des besoins d'uriner, la difficulté d'émettre les urines ou des douleurs en urinant.

Conclusion: ne pas généraliser surtout, et discuter avec son médecin, particulièrement en cas d'inconfort pouvant rappeler les symptômes du cancer de la prostate.

Janvier – Février – Mars 2009
par Jacques Lafontaine

Source: Le Collège des médecins du Québec; La Société canadienne du cancer; American College of Preventive Medicine; atoute.org










Mots clés pour cet article
cancer de la prostate, dépistage du cancer de la prostate, APS, toucher rectal, hypertrophie bénigne de la prostate