Sophie Thibault et la lutte contre la sclérose en plaques

L’affaire d’une vie!

La sclérose en plaques est une maladie du système nerveux central (cerveau et moelle épinière). Elle s’attaque à la myéline, cette substance formant une gaine autour de certaines fibres nerveuses qui sert à accélérer la conduction des messages nerveux. Insidieuse, imprévisible, à l’occasion débilitante et invalidante, la sclérose en plaques livre très peu de ses secrets. Elle se fera, par exemple, bien silencieuse, au moment du diagnostic, sur son évolution et sa gravité anticipées. La chef d’antenne Sophie Thibault de TVA fait de la lutte à la sclérose en plaques une affaire personnelle.

Sophie Thibault côtoie la sclérose en plaques depuis des années, sa mère en étant atteinte. À l’aube du mois de sensibilisation à la SP, dont elle est la fière marraine, Mme Thibault nous parle de ses démêlés avec la maladie.

Vie et Santé: Quels ont été vos premiers contacts avec cette terrible affection?
Sophie Thibault: J’étais haute comme trois pommes quand j’ai pris conscience de la maladie de ma mère. La sclérose en plaques l’incommodait déjà depuis des années. Étant donné les moyens limités de détection de ce type de pathologie à l’époque, maman a porté le mal longtemps avant qu’on ne l’identifie. Les symptômes de départ ont été une certaine lourdeur aux jambes, des accès de fatigue. Rien de facilement liable à l’époque à une maladie du système nerveux central. Le diagnostic définitif est arrivé tard, considérant que les premiers symptômes sont apparus il y a 52 ans. La variabilité des symptômes selon l’individu et les différentes formes d’évolution de la maladie, c’est d’ailleurs ce qui rend la SP difficilement saisissable ou contrôlable.

VS: Quels sont les symptômes les plus courants?
S.T.: À part les douleurs aux jambes et les raideurs musculaires dont souffrait maman au départ, ils peuvent comprendre des troubles visuels (vue double ou brouillée); une fatigue extrême; des problèmes d’équilibre, de coordination, d’élocution; une altération de la mémoire récente; même une paralysie partielle ou complète; et la cécité... Mais heureusement, toutes les personnes atteintes ne souffrent pas de tous les symptômes. Et la maladie accorde à l’occasion des périodes de rémission.

VS: La sclérose en plaques s’attaque surtout aux femmes...
S.T.: Trois fois plus de femmes que d’hommes en souffrent. On ne connaît pas les raisons de cette discrimination dont je peux personnellement témoigner puisque, à part maman, trois autres personnes dans ma vie, trois femmes, ont subi les assauts de la sclérose en plaques. Le malheur, c’est que la SP s’attaque à des individus de plus en plus jeunes.

VS: Existe-t-il des traitements?
S.T.: Depuis que je suis toute petite que j’entends des rumeurs quant à des découvertes significatives, mais le remède définitif à la sclérose en plaques n’existe pas encore. Des traitements ont été homologués par Santé Canada, pouvant modifier l’évolution de la maladie, en diminuant la fréquence et la gravité des poussées et le nombre des lésions cérébrales. Certains traitements ont permis de ralentir l’aggravation des incapacités. D’autres atténuent les symptômes telles la douleur et la fatigue. Mais non, il n’existe pas de traitement définitif de la sclérose en plaques. Voilà pourquoi il est important d’aider la Société canadienne de la sclérose en plaques à lutter contre la maladie.

VS: Comment puis-je aider?
S.T.: En faisant un don ou en vous portant bénévole. Il suffit de taper www.scleroseenplaques.ca/qc ou de composer le 1 800 268-7582. Voici quelques notes sur la sclérose en plaques, fournies par la Société canadienne de la sclérose en plaques:
  • Le taux de risque d’avoir la sclérose en plaques au Canada figure parmi les plus élevés du monde.
  • La SP est la maladie neurologique la plus répandue chez les jeunes adultes.
  • Chaque jour, trois nouveaux cas sont rapportés au Canada.
  • On ne connaît pas les causes de la sclérose en plaques, mais les chercheurs ne cessent de se rapprocher de la réponse à cette question.
Chaque année, la Société canadienne de la sclérose en plaques tient, en mai, le mois de sensibilisation particularisé par la campagne de l’œillet. Mais les besoins des personnes atteintes de la sclérose en plaques ne sont évidemment pas saisonniers. On peut s’informer sur la maladie et apporter son aide financière ou autre en tapant http://www.scleroseenplaques.ca/qc/. Sophie Thibault vous y incite personnellement.

Mai – Juin – Juillet 2008
par Jacques Lafontaine










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