Allô prof?La solution au bout du fil
Parmi les sujets de mésententes parents-enfants, les devoirs s’inscrivent au premier rang, bien avant le ménage de la chambre et l’heure du coucher.
Grâce à Allô prof, cette statistique est en voie de changer ! Avec cet outil pédagogique magnifiquement bien conçu, les devoirs troquent leur étiquette de tâche pénible pour celle d’activité drôlement amusante. Sandrine Faust, directrice générale d’Allô prof, nous parle du succès de ce superprojet. Au service des élèves depuis 13 ans! En 1995 naissait Allô prof, un service téléphonique d’aide au devoir offert gratuitement à tous les jeunes Québécois. «Faisant suite à une grande consultation tenue au début des années 90, les principaux intervenants du milieu de l’éducation en sont venus à la même conclusion: pour prévenir le décrochage scolaire, il faut offrir de l’aide aux élèves en dehors des heures de classe», explique la dynamique et enthousiaste Sandrine Faust, directrice générale d’Allô prof. Voilà maintenant 13 ans que ce formidable service pédagogique existe. «La première année, bien que notre service s’adressait uniquement aux élèves de sixième année et première secondaire, nous recevions des appels d’enfants de tous les niveaux. Les professeurs au bout du fil les aidaient quand même, ne pouvant se résoudre à laisser un élève sans réponse.» Dès l’année suivante, le service Allô prof s’est muni de tous les manuels scolaires, de la première année primaire à la cinquième secondaire. «Lorsqu’un enfant nous appelle, nous allons chercher le livre correspondant et nous pouvons ensuite le guider dans la résolution de son problème.» Pour s’adapter à la génération branchée, le service Allô prof est aussi disponible en ligne. D’ailleurs, 70% des demandes d’aide proviennent d’Internet. «Les enfants trouvent ça tellement cool Allô prof sur le Net qu’ils demandent à leurs parents de faire leurs devoirs, immédiatement en revenant de l’école!», confie Sandrine en riant. Le site Internet est muni d’un espace de clavardage représentant une classe virtuelle. Professeurs et élèves peuvent y communiquer de façon interactive via des cyberclasses. Pour les élèves qui désirent s’entraider entre eux, il y a également les forums. «Qui est bon en math 436? J’ai besoin d’aide!» demande un élève de la région de Québec. Parions qu’un autre jeune viendra bientôt à sa rescousse. Les mathématiques au premier rang Une cinquantaine de professeurs mettent leurs connaissances au service d’Allô prof. «Les intervenants ont l’impression de participer à un jeu questionnaire du style Le Cercle, sauf qu’il n’y a pas de caméras. L’enjeu n’est pas de gagner un prix mais d’aider un élève. Chaque appel est un défi puisqu’il n'y a pas une soirée qui se termine sans que l'on ait appris quelque chose!» affirme Sandrine Faust. Quelles sont les questions qui reviennent le plus souvent? «Les questions de mathématiques s’inscrivent au premier rang. Avec les problèmes de math, il n’y a pas place à l’interprétation comme pour une composition en français. Les élèves doivent arriver à une réponse exacte et nos professeurs les guident à distance dans la résolution des problèmes.» Les questions de grammaire de niveau primaire sont aussi populaires. «En majorité, ce sont des allophones qui nous appellent pour des questions de grammaire. Leurs parents ne parlent pas français et ils utilisent Allô prof pour les aider dans leurs devoirs. C’est tellement mignon: les jeunes posent leurs questions au professeur et traduisent ensuite l’information dans une autre langue à papa ou maman!» Fait assez surprenant: les professeurs d’Allô prof ont plus de difficulté à aider les tout-petits. «Il est plus difficile d’aider les enfants de première, deuxième et troisième année primaire. Non pas parce que les questions sont compliquées mais parce que leur champ de références est moins large. Il faut être imaginatif pour aller chercher des exemples qui leur disent quelque chose!» Si la tendance se maintient, pour la saison 2007-2008, Allô prof prévoit répondre aux questions de 150 000 jeunes. Mai – Juin – Juillet 2008 par Nathalie Slight |



Parmi les sujets de mésententes parents-enfants, les devoirs s’inscrivent au premier rang, bien avant le ménage de la chambre et l’heure du coucher.