Les supplémentsPour y voir clair dans les suppléments alimentaires
Recommandés de tous côtés, les suppléments sont au cœur des conseils santé. On a beau tout noter, pas facile de s’y retrouver. Avec l’aide de la nutritionniste Hélène Baribeau, Vie & Santé tente de cerner ce vaste univers.
Parmi nos habitudes santé, la consommation de suppléments occupe désormais une place importante. Comprimés vitaminiques, granules homéopathiques, protéines en poudre et autres produits s’intègrent maintenant à notre régime de vie. Néanmoins, leur rôle sur la santé demeure souvent incompris. Les suppléments, une grande famille Selon Hélène Baribeau, il serait plus juste de désigner les suppléments par le terme produits de santé naturels, lesquels se divisent en cinq catégories, nous apprend la diététiste spécialisée en approches nutritionnelles complémentaires. Ainsi, les suppléments se déclinent, entre autres, en vitamines (sélénium, bêtacarotène) et en minéraux (fer, zinc, calcium) destinés à prévenir les carences alimentaires. Quant aux catégories herbes (échinacée, millepertuis), probiotiques (yogourts thérapeutiques, levure boulardii) et suppléments d’origine animale (huiles de poisson, isolat de petit-lait), elles visent un usage thérapeutique. Seule exception, les oméga-3, constitués d’huile de poisson, servent aussi à combler certains manques nutritionnels. Faisant bande à part, les nutraceutiques forment une sixième catégorie. Ces derniers isolent la partie d’un aliment sous forme concentrée. Pour simplifier : le lycopène, extrait de la tomate, est mis en pilule. Incomplète, mon assiette? Est-ce donc dire qu’une belle tomate rouge n’est pas une source valable de lycopène ? Au contraire, il vaudrait mieux privilégier l’aliment entier. « Le corps va bien assimiler l’aliment à son naturel grâce à une synergie entre toutes les substances qu’il contient », explique Hélène Baribeau. Une alimentation parfaitement équilibrée suffirait donc à combler nos besoins nutritionnels… « En réalité, avec le rythme de la vie actuelle, peu de gens suivent le Guide alimentaire canadien à la lettre, souligne la chroniqueuse au Canal Vox et à l’émission Qu’est-ce qui mijote, à TQS. Considérant cela, il peut être pertinent de prendre des suppléments. » Notons aussi que certains éléments essentiels ne sont transmis que par des sources alimentaires très limitées. C’est le cas de la vitamine D, recommandée à partir de 50 ans en dépit d’un régime alimentaire impeccable. La vitamine D « S’il y a une vitamine à prendre, c’est celle-là! » lance d’emblée la diététiste-nutritionniste Hélène Baribeau. Cet élément essentiel à l’organisme n’est fourni que par de rares sources alimentaires, dont le lait, les poissons gras et le jaune d’œuf. En pays nordique, impossible aussi de trop compter sur le soleil, astre producteur de vitamine D. Ainsi, même avec une alimentation complète, cette vitamine bénéfique pour la masse osseuse et la prévention de certains cancers est recommandée à l’année. Gare à la surdose! Malgré leurs bénéfices, les vitamines ne doivent pas être consommées de manière excessive. Prises en trop grande quantité, certaines peuvent provoquer des effets indésirables. De même, un antioxydant reconnu, comme la vitamine C, risque de se transformer en pro-oxydant ! « On a besoin de 75 mg de vitamine C par jour. Donc, une dose de 1 000 mg est trop élevée et peut réduire l’absorption d’anticoagulants », précise la consultante chez Aliments de Santé Laurier, à Sainte-Foy. Nourrissant un intérêt pour les produits naturels depuis plusieurs années, Hélène Baribeau remarque un sain changement de mentalité depuis les années 80 où l’on recommandait les suppléments à forte dose. « Tout ce qui est en dose pharmacologique peut représenter un risque. » À l’opposé, lorsque la vitamine C est absorbée en mangeant une orange, son effet potentiellement dangereux disparaît. Le phénomène résulte de la synergie des autres substances présentes dans le fruit. On ne s’en sort pas, l’aliment au naturel est roi ! Néanmoins, prises en quantité légère et combinées avec d’autres, les vitamines sont plus facilement assimilables et arrivent à bien jouer leur rôle. La nutritionniste estime d'ailleurs que les comprimés de multivitamines et minéraux offrent une consommation appropriée. «C’est ce qu’il y a de plus sécuritaire.» Pour s’y retrouver S’y reconnaître dans l’univers foisonnant et bigarré des suppléments peut aussi relever du défi. En effet, s’attaque-t-on à une baisse d’énergie passagère par un supplément de fer liquide ou par des ampoules de gelée royale ? « C’est très complexe de démêler tout ça par nous-mêmes, reconnaît Hélène Baribeau. Certains suppléments ont tout de même une documentation scientifique abondante. » Aussi, il est possible d’obtenir facilement une information sérieuse sur certains produits. Le NPN représente, quant à lui, une bonne référence pour s’assurer de la fiabilité d’une étiquette. Émis par Santé Canada, le numéro de produit naturel (NPN) est l’équivalent du DIN assigné aux médicaments. Cette certification atteste, entre autres, que le contenu et l’efficacité du produit ont été vérifiés. Ce code relativement nouveau n’apparaît pas encore sur tous les produits vendus. « D’ici cinq ans, cela fera partie de nos critères », prédit la diététiste. Un tel classement comporte tout de même des limites. « Certains suppléments sont reconnus depuis longtemps, mais comme on investit peu d’argent dans la recherche sur les produits naturels, on ne leur attribue pas de NPN », ajoute-t-elle. Compléments seulement Si les suppléments produisent de réels bienfaits (les oméga-3 préviennent des maladies cardiovasculaires), ils ne peuvent, cependant, remplacer une saine alimentation et un régime de vie équilibré. « On a l’habitude de vouloir une solution à tout, alors on tombe parfois dans la pensée magique », observe Hélène Baribeau. En fait, les suppléments servent davantage à donner un coup de pouce qu’à faire le travail à notre place. À titre d’exemple, une personne désireuse de perdre du poids trouvera un produit favorisant la digestion plutôt que la dépense de calories proprement dite. « Il n’existe pas de brûleurs de graisse parmi les suppléments. Toutefois, on peut y trouver des outils aidant à la détoxication ou à diminuer la rétention d’eau. » Et la diététiste de conclure : « Il ne suffit pas de prendre un supplément pour être en santé. La priorité est de bien manger. » Octobre – Novembre 2007 par Geneviève Dumais |



Recommandés de tous côtés, les suppléments sont au cœur des conseils santé. On a beau tout noter, pas facile de s’y retrouver. Avec l’aide de la nutritionniste Hélène Baribeau, Vie & Santé tente de cerner ce vaste univers.