Traiter l’obésité massiveVotre médecin vous parle
Plus de 300 000 Québécois souffrent d'obésité massive, appelée communément obésité morbide en raison des menaces qu’elle présente pour la santé et la vie même. Il est question d’obésité massive quand une personne affiche un indice de masse corporelle égal ou supérieur à 35 ou qu’elle souffre d’un excès de poids d’au moins 45 kilos (100 livres).
L’IMC L’indice de masse corporelle permet d’estimer la quantité de masse grasse de l’organisme à partir du poids et de la taille. On l’établit en calculant le rapport du poids (en kg) sur le carré de la taille (exprimée en mètre). Un exemple : vous pesez 142 kg et mesurez 1,75 mètre. L’opération est la suivante : 142 kg ÷ (1,75 x 1,75) = 46. Votre IMC est de 46. Vous souffrez d’obésité massive. Et vous êtes malheureusement exposé à des complications physiques comme le reflux œsophagien, l’incontinence urinaire, douleurs articulaires, varices, maux de tête, infertilité, complications obstétricales, et surtout des problèmes psychologiques graves liés à une perte de confiance et au repliement conséquent sur soi-même. Attention : danger Non traitée et excessive, l’obésité massive peut entraîner des pathologies potentiellement mortelles : maladies coronariennes, diabète, insuffisance respiratoire, apnée du sommeil, hypertension, hypercholestérolémie, hypertriglycéridémie, etc. L’indice de mort subite inexpliquée pourrait même être des dizaines de fois plus élevé chez les obèses morbides que dans la population en général. Un obèse morbide non traité a un risque de voir sa vie raccourcie de 13 années. Malheureusement, aucune diète, même contrôlée médicalement, ne peut venir à bout de l’obésité morbide, ne serait-ce que parce que le sujet traité ne pourrait logiquement s’astreindre à un exercice étalé sur des années sans payer de sa santé physique et psychologique. L’obésité massive devient en elle-même une maladie. Une solution Il existe pourtant une solution : la chirurgie bariatrique. La chirurgie bariatrique comprend des interventions dites restrictives, telles l’implantation d’un anneau gastrique ajustable ou la gastrectomie verticale, et des interventions plus élaborées, comme la dérivation gastrique et la dérivation bilio-pancréatique. L’intervention qui présente le moins de risques de mortalité ou de complications est la pose d’un anneau gastrique ajustable par voie laparoscopique. Qu’est-ce que cette méthode? Il s’agit d’une procédure à effraction minimale consistant à placer un anneau réglable autour de l’estomac pour en réduire la dimension, dans le but de diminuer l’appétit et d’induire une perte de poids, de manière sécuritaire et stable. Comment fonctionne-t-elle? Au cours de la procédure, le chirurgien met en place, par chirurgie laparoscopique1, un anneau gonflable en silicone autour de la partie supérieure de l'estomac. La petite poche gastrique ainsi créée limite la quantité de nourriture absorbée et le passage plus étroit de l'estomac prolonge la durée de la digestion et de la vidange de l'estomac. Il en résulte une sensation de satiété plus rapide et plus durable. L'anneau est réglable, de sorte que la dimension exacte de l’estomac est ajustée pour convenir à une perte de poids optimale à un rythme sain. Un port d'accès aménagé sous la peau permet au chirurgien de régler le resserrement nécessaire de l'anneau en ajoutant ou en retirant de la solution saline de l’anneau. Quels sont les avantages de cette pratique? Moins de douleur. Ce système aide à perdre du poids et à conserver cet état en limitant l’apport alimentaire, en réduisant l’appétit ou en ralentissant la digestion. Aucune incision de la paroi stomacale ou des intestins ni aucune pose d'agrafes ne sont pratiquées, et la technique laparoscopique se traduit par moins de douleur, un rétablissement plus rapide et des cicatrices minimales. Réversibilité. Bien que l'anneau soit destiné à être placé en permanence, il peut être enlevé au besoin, et votre estomac retournera à sa forme et à ses fonctions d'origine. Y a-t-il des risques? Toutes les opérations comportent un certain pourcentage de risques, mais cette technique a été démontrée comme étant la moins morbide. Les risques de complications préopératoires, comme hémorragies ou perforations, sont minimisés. À plus long terme, il peut survenir des complications comme le glissement de l’anneau ou l’érosion dans l’estomac. Ces complications sont également assez rares. Votre chirurgien discutera de ces risques avec vous dans le cadre de votre évaluation. Pour plus d'information : 514 331-4322 1. La laparascopie opératoire permet de pratiquer des interventions chirurgicales mineures et majeures à l'aide d'instruments de chirurgie miniaturisés. Février-mars 2010 par Drs Pierre Garneau, Henri Atlas et Ronald Denis |

Plus de 300 000 Québécois souffrent d'obésité massive, appelée communément obésité morbide en raison des menaces qu’elle présente pour la santé et la vie même. Il est question d’obésité massive quand une personne affiche un indice de masse corporelle égal ou supérieur à 35 ou qu’elle souffre d’un excès de poids d’au moins 45 kilos (100 livres).