Une autre façon de s'alimenter

Végétalisme, végétalisme, crudivorisme - tour d'horizon

Le végétarisme et le végétalisme sont aujourd'hui pratiqués par plusieurs millions d'humains sur la planète et ce pour plusieurs raisons.

Voici un dossier complet sur ce que sont le végétarisme et le végétalisme, sur les motivations qui sous-tendent l'adoption de ces modes d'alimentation et finalement des conseils pratiques pour bien mettre en application ces principes, à temps complet ou à temps partiel.

Le végétarisme existe depuis très longtemps. Certains philosophes de l'Antiquité, comme Pythagore, parlaient déjà de végétarisme. Au fil du temps, plusieurs autres grands penseurs ont adopté ce mode d'alimentation, comme Léonard de Vinci, Benjamin Franklin, Mahatma Gandhi et Albert Einstein, pour n'en nommer que quelques-uns. Aujourd'hui, on estime à environ 4 % le nombre d'adultes canadiens qui pratiquent le végétarisme. En fait, qu'est-ce que le végétarisme?

Quelques définitions:

Végétarisme :
Alimentation qui exclut la viande, la volaille, le poisson et les fruits de mer.

Lacto-ovo-végétarisme :
Alimentation végétarienne qui inclut les produits laitiers et les œufs.

Ovo-végétarisme :
Alimentation végétarienne qui inclut les œufs, mais aucun produit laitier.

Lacto-végétarisme :
Alimentation végétarienne qui inclut les produits laitiers, mais pas les œufs.

Végétarisme strict ou végétalisme :
Alimentation qui exclut tous les types de produits animaux, y compris les œufs, les produits laitiers et le miel.

Véganisme (traduit du terme anglo-saxon vegan) :
Alimentation végétalienne qui en plus exclut les produits animaux hors de l'alimentation comme la fourrure, le cuir, la cire d'abeille, les produits testés sur les animaux, etc.

Plusieurs raisons différentes peuvent motiver l'adoption d'un de ces modes d'alimentation. Voici les plus fréquentes.

Une question d'éthique; les tenants de cette théorie considèrent que la majorité des gens se nourrissent de viande par tradition, par habitude et par plaisir, ces raisons étant insuffisantes pour justifier la souffrance et la cruauté infligées aux animaux que nous élevons pour ensuite les mener à l'abattoir.

Ensuite, il y a la question environnementale, c'est-à-dire que la production de chair animale nécessite une trop grand quantité des ressources naturelles de la planète et augmente considérablement les émissions de gaz qui contribuent au réchauffement de celle-ci. Ces gens adoptent le végétarisme dans un but de préservation de l'environnement.

Pour plusieurs, la santé est au cœur de leur décision. Certaines études ont démontré la diminution d'incidence de quelques maladies chroniques grâce à la pratique du végétarisme, probablement secondaire à une diète élevée en légumes et fruits, en grains entiers et pauvre en gras saturés. Deuxièmement, il y a tout un débat sur la physiologie du corps humain versus sa capacité à absorber de la viande. Selon certains, notre mâchoire de force moyenne, nos petites canines non tranchantes et la longueur de nos intestins feraient de nous des êtres végétariens de nature. Et finalement, la présence de produits chimiques tels que hormones, antibiotiques, contraceptifs et pesticides dans la viande pousserait certaines personnes à se tourner vers le végétarisme. Cependant, toutes ces préoccupations de santé sont au cœur de plusieurs controverses.

Finalement, la raison qui encore aujourd'hui est la plus invoquée, car elle rassemble une grande majorité sur la planète, est la religion. En effet, certaines religions dont le bouddhisme, l'hindouisme, le sikhisme, le taoïsme, et spécialement le jaïnisme enseignent que toute vie possède une valeur et ne devrait pas être détruite volontairement pour une gratification humaine non nécessaire. Souvent ces religions n'imposent pas le végétarisme, mais le conseillent à leur adeptes dans un principe de non-violence et de non-nuisance à l'égard des êtres vivants.

Nous venons de faire un survol des raisons qui poussent certaines personnes à se convertir au végétarisme ou au végétalisme. Cette conversion ne peut se faire à l'aveuglette, car en bannissant plusieurs aliments de notre alimentation, nous sommes susceptibles de développer certaines carences alimentaires. En connaissant bien les règles de base, il est possible de se nourrir de façon sécuritaire et équilibrée.

Les nutriments les plus à risque sont les protéines, le fer, le calcium, le zinc, la vitamine D, la vitamine B12 et les oméga-3 à longue chaîne. Voici un tableau qui vous indiquera les aliments à consommer quotidiennement pour éviter ces carences.

Le végétarisme et le végétalisme ne sont plus considérés aujourd'hui comme des modes d'alimentation farfelus et dangereux pour la santé. Bien planifiés, ils peuvent être une façon saine de s'alimenter. Rien ne vous oblige à vous convertir totalement, le végétarisme à temps partiel peut avoir aussi beaucoup de bienfaits sur votre santé et vous faire découvrir plein de nouveaux mets nutritifs et savoureux. Si vous désirez adopter un nouveau mode d'alimentation, il est toujours prudent de consulter une nutritionniste pour vous aider à faire la transition. Un guide alimentaire pour végétarien produit par les Diététistes du Canada est disponible sur leur site Internet. Informez-vous.

L'alimentation vivante : un choix à faire

L'alimentation vivante désigne tout simplement un mode d'alimentation qui favorise très largement les aliments comportant un fort taux de nutriments nécessaires au corps humain, entre autres, les enzymes. Pour fournir de nombreux nutriments, ces aliments doivent par définition être naturels, non transformés, ne pas comporter d’additifs chimiques et être facilement assimilables par l'être humain. Les seules transformations acceptables sont la germination et la fermentation. Ceci repose sur le principe suivant, mis de l'avant par les études du Dr Edward Howell : chaque être vivant a un nombre limité d'enzymes. Donc, en adoptant une alimentation dont le but principal est de conserver les enzymes naturellement présentes dans les fruits, les légumes et les germes, nous épargnons à notre corps d'avoir à produire ces enzymes. Selon ces hypothèses, cette production d'enzymes demande beaucoup de travail à notre corps, et pourrait à long terme affaiblir nos organes et nous rendre plus sensibles aux allergies et aux maladies.

La cuisson détruit une partie des vitamines et minéraux des aliments, c'est vrai. Cependant, dans quelques cas, la biodisponibilité des nutriments est augmentée par la cuisson, ce qui est le cas du lycopène présent dans la tomate. Le potentiel antioxidant des aliments peut être diminué par la cuisson, mais cet inconvénient peut être compensé par le fait que nous consommons généralement davantage de légumes s'ils sont cuits plutôt que crus. Il est faux de croire que les aliments crus contiennent toutes les enzymes nécessaires à leur digestion. Lorsque l’acidité de l’estomac devient trop importante, ces enzymes naturellement présentes sont détruites, donc ne peuvent plus exercer leur fonction. Cependant, elles auront quand même réduit les besoins de l’organisme puisqu’elles auront déjà participé à une grande partie de la digestion. Nous ne pouvons encore affirmer hors de tout doute que notre corps, pour mieux fonctionner, a besoin des enzymes naturellement présentes dans les aliments.

Toujours selon la vision du Dr Howell, l'ingestion d'aliments cuits pourrait provoquer une leucocytose digestive, c'est-à-dire que notre corps considérerait les aliments comme des corps étrangers, mettant en branle le système immunitaire. Ceci diminuerait sa capacité à combattre de réelles infections. Ce phénomène n'a pas encore été étudié en profondeur. Cependant, nous savons que les aliments carbonisés ou frits peuvent causer des dommages à long terme.

Quels aliments composent l'alimentation vivante ?
L'alimentation vivante va se tourner vers les aliments crus, biologiques, les graines germées, les algues, les jus frais de fruits et légumes et les jus de jeunes pousses comme le jus d'herbe de blé. Donc seront bannis le sel, le sucre, les farines raffinées, les produits laitiers, la viande, les poissons , la friture, les huiles chauffées et l'alcool. Cette approche est intéressante, mais limite beaucoup les choix d'aliments. En plus, elle demande beaucoup de connaissances pour arriver à manger suffisamment de chaque nutriment. Je crois que ce type d'alimentation n'est pas à la portée de tous.Il importe de s'informer adéquatement

Sources : www.passeportsante.net; www.instituthippocrate.com
Letendre, Denis. Manger vivant pour vivre mieux et plus longtemps. Les éditions Jalinis, Canada, 2004.


Juin-juillet 2010-07-04
par Stéphanie Hébert, dt. P.